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Fort Rêveur, le 19e album de CharlÉlie Couture. Multi-instrumentaliste, au sens large du terme puisque cela va du piano à la guitare en passant par les pinceaux et l'appareil photo, le nancéen CharleÉlie nous balance un album encore une fois inspiré de ses promenades ricaines, mais fort heureusement composé et majoritairement interprété en français.
Voilà un bon skeud. Riche, multiple, intéressant à découvrir. Et pourtant, c'était pas gagné : il ouvre sur Les statuts de ma liberté, un titre qui paraît instantanément avoir piqué sa musique au Jour de la dernière heure, très bon morceau datant de 1981 et issu d'un album intitulé Pochette Surprise. Son auteur devrait faire un procès à Couture pour plagiat... D'autant que le CharlÉlie n'hésite pas à pomper également la voix nasillarde qui fit le succès de l'opus ! Mais là, il s'agit de Fort Rêveur. Avec des morceaux savamment produits, mêlant certains d'instruments bien placés en arrière-plan et qui créent l'ambiance. La guitare qui revient de temps à autre filer une piqûre de rappel, sonne résolument bluesy ; on imagine le slide sur une vieille folk. Mais ce n'est pas un album de blues. D'ailleurs ce n'est pas du rock non plus. Ni de la chanson française. En fait, un peu de tout ça mélangé, avec bigrement de talent. Certains titres auraient franchement pu être mis à la poubelle sans qu'on y trouve à redire, comme ceux qui délaissent Molière et, surtout, Faire com, inutile ritournelle qui n'est qu'un prétexte à rappeler au détour d'une phrase, qu'un zinc ne peut voler sans Elle. En revanche, c'est du tout bon sur Le Phénix, La vie facile, Nés trop loin. Musicalement parlant. D'autres titres accrocheront pour leurs textes, leur mélancolie, comme par exemple Ta phosphorescence et Si légère. Bref, jeunes ignares comme vieux croûtons de la première heure, chacun y trouvera son compte sur cette galette, il suffit juste de zapper les quelques titres de trop qui traînent au fond de la cour.
par Alain Brouste