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Ce groupe est encore peu connu dans l'Hexagone, à l'inverse de son instigatrice, Taylor Momsen, comédienne et mannequin américaine mineure, qui caracole vers ses 18 ans en porte-jarretelles avec un déhanchement apte à garnir d'ampoules chaque main adolescente mâle.
Pourtant, derrière ce décorum organisé de toutes pièces afin de créer le buzz, se trouve un vrai groupe de musique. Plutôt style hard-rock à tendance grave. La donzelle pare sa voix d'un accent rauque loin d'être désagréable et balance directement la purée, sur une rythmique lente et pesante, puisant aux racines 70s du genre. The Pretty Reckless (« la jolie imprudente », tout un programme !) a la bonne grâce de nous épargner la double grosse caisse, trop souvent assourdissante et inutile, pour un jeu de batterie plutôt conventionnel, à l'instar de celui de la guitare de Ben Philips. Ce dernier est co-auteur de tous les titres avec la môme Momsen, mais il n'a apparemment pas été autorisé à jouer plus d'un solo pour 12 titres ! À moins qu'il ne sache pas faire... La production du quatuor est de bonne facture, avec une voix très présente qui partage son espace avec les riffs de guitare. Le batteur gagnerait à changer de matériel, pour développer ses coups avec un son moins formaté. Hormis deux ballades, Nothing left to loose et You, tous les autres titres sont dans la même veine et à défaut de révolutionner le genre, le perpétuent avec talent. Ne manque plus qu'une once supplémentaire de créativité et d'originalité dans la musique, plus que dans la lingerie utilisée pour les clips, pour que Pretty Reckless, groupe prometteur, se démarque et s'affirme.
par Alain Brouste