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[LIVE REPORT] DEPECHE MODE AU PALAIS NIKAIA à NICE LE 04-05-2013

Views 12078 times  |  12/06/2013  |  TAGS : DEPECHE MODE NIKAIA NICE FRANCE 2013 Delta Machine Tour,

Un évènement à Nice, Depeche Mode, légendaire groupe britannique passe par Nice pour nous offrir la toute première date de sa tournée mondiale.

   Les fans sont venus de toute l'Europe pour ce Warm-up des plus prometteurs après le succès et les critiques plus que positives de leur album Delta Machine.

   20H45, 9000 personnes se sont massées au sein du Palais Nikaïa pour la grand messe.

   Le démarrage se fait tout en douceur avec "Welcome to my world", premier des 8 titres extraits du nouvel opus qui agrémente cette set-list.

  Le son est impeccable, Fletch souriant derrière son keyboard, Gore dans son costume laminé et cheveux gominés nous offre ses meilleurs rifs de guitare et Gahan, divin entre en scène ovationné comme il se doit.

  Mais c'est lorsque des 1 ères notes de "Black Celebration" que tout le Nikaia entre en fusion avec le groupe avec ce classique qu'on attendait plus.

 

  A partir de ce moment, la machine mode est en marche. Tout est orchestré à la seconde près. Des visuels donnent une image aux titres du groupe, transformant tout le concert en film géant.

 

Gore ne manque pas d'apporter sa touche vocale sur un magnifique "Higher Love" avec une émotion dont il a le secret.

 

Les nouveaux morceaux marchent bien en live, le groupe profite pleinement de cette bonne inspiration qu'est Delta Machine pour jouer de nombreux titres déjà devenus tubes comme "Soothe My Soul"... L'esprit live est bien respecté. La guitare est plus présente qu'en studio et la batterie amène une ambiance plus rock aux morceaux. Cependant, certains manquent encore de maturité en live. On notera un "Secret to the End" un peu timide pour notre chanteur, mais l'instrumentation corrige cette petite faiblesse.

 

Mais l'artillerie lourde arrive avec les incontournables "Enjoy The Silence" et "Personal Jesus", devenus culte. Martin nous surprendra même à partir en solo blues à la fin de Personal Jesus. Il a vraiment envie de s'affirmer en temps que guitariste.

  On notera l'excellent niveau de "Goodbye", et ses vocales parfaites, le duo Martin Dave nous fait frissonner, comme si la guitare blues demandait en mariage les célèbres Moog.

 

Et vient le temps du Encore (35 minutes) 5 titres, du très rare mais très efficace chez les mode. Un "Halo" sublime qui donne la chair de poule et s'enchaine le cadeau de Dave "I just can't get enough" qui motive les foules pour terminer en apothéose avec le non moins attendu "Never let me down again" faisant se lever 18000 bras d'un seul coup pour constituer le champs de blé orchestré par Dave Gahan, grand chef d'orchestre de cette soirée.

 

Ce soir, Gore et Gahan nous ont offert une magnifique complicité entre sourire et accolade, un groupe détendu et heureux de retrouver à nouveau les planches de la scène.

 

Sur un air de vacances, le groupe a pris le temps de se poser à Nice et nous préparer un Show digne de leur réputation. L'air de la mer les a détendu. Ce sont des hommes nouveaux, en forme, rajeunis et performants. Depeche mode nous propose un spectacle digne de cet excellent Delta Machine. Et le public est toujours plus nombreux.

On comprend pourquoi les gens veulent absolument y revenir.

 

Magalie Fourmestraux, photos: Roy Letayf ©

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C'est à Balsildon en 1977 en Angleterre, que Vince Clarke et Martin L. Gore décident de créer un groupe à l'heure où le Royaume-Uni résonne au son du punk.
Ils sont rejoints dès 1978 par un ami de lycée, Andrew Fletcher et fondent "Composition of sound". Le groupe trouve en Dave Gahan, repéré lors d'un casting alors que ni Gore ni Clarke ne se voient comme chanteur principal, une voix que le trio recherchait. Ce dernier est d'ailleurs à l'origine du nouveau nom du groupe inspiré par une revue française : "Depeche Mode".
Ce nom fut en quelque sorte "improvisé" par Dave Gahan, avant leur premier concert. Au téléphone avec l'organisateur, ce dernier lui demande le nom de leur groupe. Dave est pris de court. Devant lui, sur une table, repose un exemplaire du magazine "Depeche Mode"...
Leurs premières compositions se voient refusées des maisons de disque qui n'apprécient guère la surcharge de synthétiseurs utilisés (instruments de prédilection du groupe à ses débuts).

1981- 1983
C'est lors d'un concert dans un club Londonien que Daniel Miller repère le groupe et décide de le signer sous son nouveau label : Mute Records. En 1981 sort leur premier single "Dreaming Of Me" suivi de "New Life" et enfin le hit planétaire "Just Can't Get Enough". Ces premiers titres seront extraits de l'album "Speak and Spell" dont les compositions sont principalement de Vince Clarke (Martin L. Gore n'y est l'auteur que de deux chansons). Les synthétiseurs y tiennent une place privilégiée sur fond de boîtes à rythme. Mais aussitôt le succès acquis, Vince Clarke quitte le groupe et part fonder "Yazoo" avec Alison Moyet (une copine du lycée de Basildon), puis "Erasure".
Depeche Mode devient alors un trio sans parolier, et son avenir paraît bien compromis. Le trio décide néanmoins de poursuivre l'aventure : Martin L. Gore sera désormais auteur/compositeur du groupe qui recrute Alan Wilder en 1982 sur petite annonce. Celle-ci demande plutôt un homme de moins de 25 ans qu'un véritable musicien...
Mais ce dernier, qui va devoir tricher sur son âge, est un musicien expérimentaliste doué, excellent pianiste, et son apport va se révéler déterminant (Gahan ne compose pas encore à l'époque et Fletcher qui n'est pas un musicien hors pair, s'occupe essentiellement du management ; certains journalistes s'interrogent encore aujourd'hui sur sa réelle fonction au sein du groupe).
Wilder est avant tout engagé pour assurer les lives, c'est la raison pour laquelle il ne participe pas à l'élaboration de "A Broken Frame" en1982. L'apport artistique d'Alan Wilder se fera ressentir dans l'album "Construction Time Again" (1983) où il signe intégralement deux titres ("The landscape is changing" et "Two minutes warning"). Dans ce troisième opus du groupe apparaissent leurs premiers samples nourris de la musique industrielle allemande et leurs sons deviennent plus travaillés.
Quant à leurs paroles, elles prennent des tournures plus politiques : "Get the balance right" et "Everything Counts" exposent les dérives du capitalisme.

1984- 1989
Pendant que leur pop synthétique gagne en noirceur, le succès grandit… L’ennui : la religion et le sexe deviennent les thèmes de prédilection des compositions de Martin L. Gore. Les albums "Some Great Reward" en 1984 et "Black Celebration" en 1986 confirment leur goût pour la musique industrielle allemande qui nourrit leurs samples inventifs : bruits de métaux lourds et percussions froides martèlent des titres comme "Master and Servant", "Blasphemous rumours" ou "Stripped".
Mais c'est le 45 tours "People are People" et sa mélodie imparable qui leur permet de connaître le succès mondial (notamment aux Etats-Unis) en 84/85. Succès renforcé par la parution en 1985 de leur première compilation regroupant les singles édités depuis leur début. L'année suivante, l'album "Black Celebration" assoie leur réputation au Royaume-Uni et leur donne le statut de groupe culte outre-atlantique où ils sont paradoxalement taxés de groupe underground alors qu'ils sont perçus comme très commerciaux en Europe (leurs singles sont édités en une multitude de remix pour accroître leurs ventes).
Prolifique, le groupe sort un disque par an et leur popularité s’accroît donc de manière impressionnante, le groupe essayant alors de s’affranchir de cette image de garçons coiffeurs à synthés qui leur colle à la peau. C’est notamment pour cette raison qu’ils sollicitent le photographe hollandais Anton Corbijn pour refaçonner leur image, afin qu’elle devienne davantage en adéquation avec leur musique.
En 1987, l’album "Music for the Masses" marque une étape de plus dans la maturité du groupe. "Never Let Me Down Again" est un rock synthétique virant à l'onirisme noir, s'achevant sur des choeurs wagneriens et qui deviendra avec le temps l'hymne indispensable des concerts de Depeche Mode à travers le monde. Il donne le ton d'un disque encore plus abouti que les autres. Son succès international autorise une impressionnante tournée qui passe par les Etats-Unis et que le cinéaste américain D.A. Pennebaker choisira d’immortaliser : il s’agit du live 101 filmé au stade "Rose Bowl"à Los Angeles alors que DM se produit devant plus de 70.000 spectateurs.

1989- 1992
DM connaît ainsi un étourdissant succès, et le groupe est alors sur le point d'atteindre son apothéose, aussi bien artistique que commerciale.
Les quatre musiciens rentrent en studio à Milan pour enregistrer un nouvel album dont les maquettes de Martin L. Gore sont très épurées. Ils font appel au producteur Flood et enregistrent "Violator" où l’on retrouve les titres "Personal Jesus", "World In My Eyes" et surtout la chanson qui restera la plus célèbre : "Enjoy The Silence", titre mélancolique au rythme trébuchant, ponctué de voix synthétiques célestes, dont le refrain est devenu un hymne imparable.
Initialement composé comme une ballade, Alan Wilder y a tout de suite décelé son potentiel : il a alors demandé à Gore de composer une ritournelle mélodique supplémentaire à la guitare (qui sera déclinée à différents octaves et jouée également aux claviers), le rythme fut accéléré et un soin tout particulier fut apporté à la production de la chanson (pour preuve, le titre est le seul qui fut mixé par Daniel Miller et Flood et non par le DJ français François Kevorkian qui mixa le reste de l'album).
"Enjoy The silence" devint leur succès le plus célèbre (avec "People are People"), et "Violator", album à la production des plus parfaites, a rejoint depuis le panthéon des disques incontournables de la scène electropop britannique.

1993- 1996
Après l’immense succès de "Violator", DM offre "Songs of Faith and Devotion", son nouvel opus qui sort en 1993. "Higher Love", "Walking in my shoes" et "I Feel You" sont des titres encore plus rock, plus bruts, le tout produit de nouveau par Flood et Wilder. Choristes de gospels et section de cordes interviennent sur un album que le groupe sait très attendu. Le succès de nouveau au rendez-vous, la tournée "Devotional" va s’avérer éprouvante (plus d’un an et demi) : premières tensions au sein du groupe, prises excessives de drogues et d'alcool, et pour couronner le tout, Fletcher, victime d’une dépression, est remplacé pour quelques dates. La tournée achevée, le groupe se croit alors arrivé au bout de l'aventure.
Le bilan au milieu des années 90 n'est guère réjouissant malgré leur énorme popularité : Gahan est devenu un véritable junkie vivant presque avec ses dealers, Gore s'isole, Fletcher essaie de maintenir la cohésion du groupe qui voit un de ses membres quitter l'aventure : Alan Wilder.
Estimant que son travail n’est pas estimé à sa juste valeur et éprouvé par les tensions qu’il ressent au sein du groupe, il décide de le quitter en 1995. Il se consacre alors à son projet solo "Recoil" où il pourra davantage se livrer aux expérimentations qu’il affectionne.
C’est peu dire que le groupe perd là un pilier créatif déterminant.
La même année, Dave Gahan est hospitalisé pour tentative de suicide. Rétabli, il retrouve les deux membres restants début 1996 pour enregistrer un nouvel album mais il sera victime d’une overdose peu de temps après qui l’obligera à entreprendre une cure de désintoxication.

1997- 2001
Il faudra attendre l’année d’après pour voir Depeche Mode réapparaître avec "Barrel Of a Gun", qui annonce la sortie d' "Ultra", un album très sombre et gardant encore de nombreuses tonalités rock bien que son ambiance générale soit plus calme. Cependant, le succès de masse n'est pas vraiment au rendez-vous même si l'album se vend relativement bien et certains puristes regrettent les années 1980, même si d'autres considèrent qu'il s'agit là d'un de leurs meilleurs disques. Le producteur Tim Simenon est aux commandes et assure la continuité avec évidence; les singles "Home", "Useless", "Barrel of a Gun" et "It's no Good" révèlent une puissance de son qui constitue la griffe récurente de DM (basses lourdes et sons synthétiques inventifs).
En 1998, le groupe sort une compilation "The Singles 86-98", assorti d'un single jamais édité en album, "Only When I Lose Myself", ainsi qu'une réédition de "The Singles 81-85". Le public apprécie et une mini-tournée est organisée.
En 2001, les Anglais reviennent avec "Exciter", et des singles comme "Dream On", "I Feel Loved" ou encore "Goodnight Lovers". Mais les fans sont plutôt déçus : l'album est parfois jugé trop "mou", ce n'est selon certains pas du vrai Depeche Mode, malgré une nouvelle tournée triomphale et des critiques relativement positives.

2002- 2006
En 2003, Martin L. Gore et Dave Gahan sortent respectivement leurs propres albums solos : "Counterfeit 2" pour Martin et "Paper monsters" pour Dave, suivi d’une tournée solo, aussi bien pour Gore que Gahan.
Ils se retrouvent en janvier 2005 pour enregistrer "Playing The Angel", la nouvelle production du groupe, où Gahan y signe ses premières chansons pour le groupe. Ce dernier opus est bien représentatif des volontés expérimentalistes du groupe britannique. En sollicitant Ben Hillier à la production, DM persiste à se forger un son résolument avant-gardiste, drainant des guitares saturées et des synthétiseurs hors d'âge. Cet album ancré dans la modernité témoigne que Depeche Mode, à l'image de la voix de Gahan, est bien décidé à ne jamais vieillir.
Ce nouvel album annonce également une tournée mondiale, dont les tickets partiront à la vitesse de l’éclair 4 mois avant la sortie de "Playing The Angel", si bien que le groupe rajoute des dates (dont 3 à Paris) et allonge la tournée pour l’été (période des grands festivals). Cette tournée aura duré presque 10 mois… Mais le groupe n’en restera sûrement pas la, puisque des rumeurs courent déjà sur une éventuelle préparation d’un 12ème album studio….
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